Comment le voyage à vélo est devenu notre mode de vie

Nancy Girard et son conjoint Steven ont mis de côté leur confort pour partir voyager à vélo sur le long terme. Sans itinéraire précis, ils sont partis en juin 2025 et aimeraient parcourir le continent américain, et peut-être même le monde entier ! Retour sur ce que cette magnifique expérience leur a fait réaliser chaque jour.

Mots & photos : Nancy Girard

C’est pour ça qu’on voyage à vélo

Après une journée de vélo parfaite, nous arrivons à notre campement pour la nuit! Un beau ‘’spot’’ sur le bord de la rivière Mississippi pas très loin de Grand Rapids au Minnesota. Nous posons notre tente à quelques mètres de l’iconique cours d’eau. C’est devenu un peu une habitude, le soleil est en train de se coucher quand nous finissons de nous installer. Nous profitons des derniers rayons de soleil pour marcher au bord de la rivière. Nous nous arrêtons, immobiles, baignant dans la plus belle lumière orangée, admirant la beauté et le calme de la nature. C’est dans ces moments-là que nous nous disons : ‘’C’est pour ça qu’on voyage à vélo!’’.

Le 8 à 5 ça n’a jamais été notre fort. Nancy, ingénieure il y a 15 ans, se sent étouffée dans son bureau aux murs beiges, prisonnière de son écran d’ordinateur. Elle troque rapidement son jonc d’ingénieur pour une carte d’affaire de courtier immobilier. Steven, chimiste jusqu’en 2014, rejoint sa femme dans l’entreprise immobilière. À partir de ce moment, nous sommes ensemble pratiquement tout le temps. Nous ne réalisions pas alors que cela nous préparerait pour le voyage à vélo, en couple.

Tout est possible!

Il y a quelques années, nous réalisons que notre vie sans enfants approche. Mais qu’allons-nous faire sans eux? Notre garçon est maintenant autonome financièrement, notre fille entame le Cégep cette année. Les deux sont matures et responsables. Nous sommes prêts à partir. Mais comment? En van? En sac à dos? À vélo?

C’est sur notre vélo que nous nous sentons le plus libre et le plus heureux.
Oui, il y a aussi les raisons environnementales; la proximité aux gens qui rend les contacts plus faciles; la lenteur du moyen de transport qui permet de profiter plus de tout, même des journées de pluie; la fierté et le sentiment de dépassement que voyager par ses propres moyens physiques apporte; la beauté et la noblesse de la machine; la polyvalence inégalée de ce moyen de transport qui peut un jour nous amener au sommet d’une montagne dans une chemin de terre sinueux et l’autre jour au centre d’une grande ville sur une rue goudronné. Mais, rien ne peut battre la sensation du vent sur la peau, le son des pneus et le sentiment d’autonomie que le vélo procure.

Nous roulerons sur des vélos québécois, c’est décidé!

Nos recherches pour trouver les meilleurs vélos d’aventure n’ont pas été difficiles. Nancy choisi un Panorama Taïga, un vélo de montagne prêt pour l’aventure. Le cadre en acier Reynold 725 du Taïga fait de lui un vélo agile et confortable. Nancy opte pour la fourche à suspension plus lourde que l’option en carbone mais qui offrira plus de contrôle et de confort sur terrain accidenté. Steven choisi le Boréal de Panorama, l’ultime vélo de touring. Le cadre et la fourche en acier Reynold 525 du Boréal font de lui un vélo robuste, résistant et confortable. Les deux vélos offrent un grand dégagement pour les pneus : 29 x 2,8 et 27,5 x 3,0. Ce sera parfait pour les sections hors-route, comme le Baja Divide, que nous voulons emprunter. 

Voyager à vélo, c’est voyager léger

Les préparatifs des bagages pour le voyage durent presque un an. Notre choix s’arrête sur une configuration hybride avec sacoches et sacs de bikepacking. Les sacoches procurent un espace de rangement plus grand et plus facilement accessible et les sacs de bikepacking sont très légers. Nous voulons être sûrs d’avoir le ‘’setup’’ parfait. Nous ne le savions pas encore, mais nous allions rapidement réaliser à quel point nous étions naïfs de penser trouver le ‘’setup’’ parfait avant même de commencer à voyager! Cependant, les vélos n’allaient pas nous décevoir.

L’important c’est le voyage, et non la destination

Notre objectif, ou peut-être plutôt notre rêve, est de parcourir le monde à vélo. Nous n’avons pas vraiment de destination ni d’itinéraire précis mais nous voulons commencer par parcourir l’Amérique sur toute sa longueur. C’est pour cette raison que nous avons appris l’espagnol.  La destination n’est pas importante, mais nous voulons que le point de départ soit chez nous au Saguenay. Nous quittons le 1er juin 2025 pour entreprendre la traversée du Canada jusqu’à la côte Ouest.

C’est beau chez nous!!! Le voyage à vélo dépasse rapidement nos attentes lorsque nous redécouvrons des lieux que nous avons visités tant de fois par le passé. La réserve faunique des Laurentides, immense territoire boisé, dévoile tous ses attraits : des lacs purs, des rivières animés, des montagnes à perte de vue, un ciel vivant. Une pensée va aux premiers peuples du Canada qui ont vécu sur ce territoire à l’état vierge.

Remonter un cours d’eau majestueux en revivant son histoire. Nous longeons ensuite les rives du grand fleuve Saint-Laurent de la ville de Québec à Kingston en Ontario. Nous nous émerveillons devant toutes la beauté de notre fleuve. Chaque jour à ses côtés nous offre de nouveaux paysages, de nouvelles découvertes, de nouveaux gens accueillants. Nous avons un coup de cœur pour le réseau cyclable de la grande région de Montréal et les Milles îles en Ontario.

Sauvons-nous des moustiques et des mouches à chevreuil! De Kingston, nous bifurquons vers le nord pour atteindre la baie Georgienne en empruntant le plus de ‘’rail trails’’ et de chemins de campagne possible. Nous apprécions le calme et la sécurité de ces sentiers ferroviaires. Le paysage y est monotone mais les insectes suceurs de sang et arracheurs de peau sont au rendez-vous pour nous distraire. Nous restons positifs et nous apprécions encore plus les moments de contemplation simples et les rencontres incroyables de gens bons et généreux. Nos efforts sont récompensés lorsque nous atteignons la splendide baie Georgienne avec ses eaux cristallines.

Le Canada, c’est assez vide finalement… Parcourir le nord de l’Ontario et les Prairies nous montre un côté du Canada que nous avions peu expérimenté : sa vaste nature sauvage parsemée de petites communautés. La logistique de voyage est rendue plus difficile mais nous apprécions voir autant de territoire peu occupé par l’humain.

Notre premier chapitre est écrit

Nous attendons le prochain avec impatience. À notre arrivée à Régina en Saskatchewan, notre instinct de parent nous oblige à retourner près de nos enfants et de prendre une pause. Les retrouvailles avec notre famille et nos amis nous font oublier pour le moment que la suite de notre voyage devra attendre.

Le vélo est devenu notre vie

Nous avions vendu notre automobile avant le grand départ et nous décidons ne pas en racheter une. Le vélo, sera notre moyen de transport principal. Maintenant, chaque matin que nous enfourchons nos vélos, nous retrouvons le même sentiment de liberté qu’en voyage. Il nous semble que c’est l’endroit où nous nous sentons le plus vivant.